Connaissez-vous la série : « L’agence » sur TMC ou Netflix ? Une série française dont la première saison a été diffusée dans plusieurs pays.
L’Agence à Vouzeron
Cette série de téléréalité suit les aventures de la famille Kretz. Cette famille travaille ensemble dans le milieu très fermé de l’immobilier de luxe. A travers leurs négociations, on découvre des lieux que personne ne voit et des biens exceptionnels.
Nous avions eu l’occasion lors de la première saison de découvrir Lorant Deutsch qui désirait vendre son appartement de Paris. On sait maintenant qu’il viendra finalement s’établir dans une propriété à côté de Vouzeron. Cette année, on franchit une nouvelle étape car L’agence vient à Vouzeron pour voir le bien le plus luxueux et le plus historique de la commune : Son Château.
Les premières images de L’Agence à Vouzeron (Le Château).
Si vous désirez savoir que vient faire la famille Kretz au château de Vouzeron ? Rendez-vous tous les jeudis sur TMC.
A noter que cette série est également diffusée dans le monde sur NetFlix sous le titre : « The Parisian Agency ».
La guerre de 1870, souvent oubliée des mémoires est pourtant celle qui va générer la revanche de 14 pour la récupération de l’Alsace & Lorraine mais aussi à l’origine d’une nouvelle guerre civile en France.
L’espoir est enfin permis, l’ouverture à la commercialisation de ma fibre est prévue pour le 13 octobre. Suite aux dernières relances, plusieurs sources ont confirmées cette date (ci-dessous le courrier de la Communauté de Communes).
Un courrier va être envoyé prochainement avec plus d’explications.
Vouzeron a été au début XIIème siècle tour à tour Français et Anglais. Le Berry était une frontière de conflit entre le roi de France et les prétentions anglaises sur son royaume. Ainsi le célèbre roi d’Angleterre Richard Coeur de Lion, de retour de Croisade, déclencha une guerre dans le Berry dés 1194 pour récupérer les terres que Philippe Auguste, roi de France, s’était octroyé.
Les troupes anglaises à l’approche de la région de Vierzon ont pillé d’innombrables villages comme Lury, Reuilly et peut-être Vouzeron. Le roi Richard s’empara de Vierzon qu’il fit brûler. Le roi de France a essayé en vain de lutter contre cette invasion. Notre commune était à la séparation entre le Royaume d’Angleterre (en rouge sur la carte) et celui de France (en bleu). Une légende locale mentionne que les 2 rois se sont faits face de chaque côté de la rivière du Barangeon qui traverse notre village.
Cette guerre finit par la mort du roi d’Angleterre, blessé à mort au siège de Châlus (Haute-Vienne), en 1199. Il repose en France, son corps dans l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire) et son Coeur, embaumé, se trouve dans un reliquaire en la cathédrale de Rouen. La mort de son rival va permettre à Philippe Auguste de reconquérir « son » royaume de France, et de faire de Vouzeron une seigneurie. Mais l’histoire ne s’arrête pas là…
Le gisant de Richard Cœur de Lion à Fontevraud
Malgré les divergences des historiens sur les dates précises (et notamment sur l’exactitude des chroniques de jean Froissart), on peut affirmer que tout recommence à Bordeaux en 1356 avec la terrible chevauchée du fils d’Edouard III d’Angleterre, Édouard de Woodstock prince de Galles, plus connu sous le nom de « prince noir ». Âgé de 26 ans et à la tête d’une troupe de 9000 hommes dont 6000 archers, il organise une nouvelle campagne après celle de 1355 pour gagner la vallée du Cher. Cette manœuvre n’a qu’un seul objectif : S’emparer de la capitale berruyère. Au cours de cette expédition, tout est prétexte aux vols, ravages, destructions ou enlèvements afin d’une part, subvenir aux troupes déplacées mais surtout rapporter de l’argent et des richesses. Arrivés à Bourges, les Anglais découvrent des murailles fortement défendues. Des escarmouches ont lieu mais cette ville fortifiée est imprenable, un siège est alors organisé. Plusieurs pillages sont menés dans la région notamment contre Châteauroux, Saint-Amand et Issoudun.
Représentation des fortifications de Bourges
En
août, devant la résistance de Bourges et estimant que son butin est
suffisant, Le
Prince Noir
décide de prendre la route de l’ouest en
s’emparant de Vierzon. Il envoie également un détachement de 200
hommes explorer le nord du département jusqu’à la Loire.
Carte représentant les fortifications de Bourges
C’est peut-être suite à ce changement d’objectif, ou lors d’une reconnaissance dans le but de ravitailler l’armée principale que les Anglais ont attaqué notre village. Le seigneur Georges Damoiseau, seigneur de Vouzeron, tente une défense à partir de son château de la Motte. Nous n’avons malheureusement pas de descriptif de ce système défensif qui devait être situé sur une motte castrale. Souvent appelée « motte féodale », ce type de fortification était composée d’un remblai de terre circulaire. Entourée d’un fossé rempli d’eau, elle était protégée par une palissade généralement en bois. Un fortin y était aménagé avec une tour de guet analogue à un donjon. Ces ouvrages ont été érigés entre le Xème et XIIème siècle. Par la suite, certains châteaux en pierre ont été construits au même endroit. On peut supposer que cette enceinte ne pouvait accueillir que peu d’hommes et que face aux Anglais, le seigneur de Vouzeron savait que son combat serait voué à l’échec. Il sera d’ailleurs massacré ainsi que sa femme Marguerite et ses enfants, son château détruit et brûlé.
Représentation d’une motte féodale
Après avoir fait reposer ses hommes à Vierzon, le prince noir décide de longer le cher pour gagner Tours. Il s’empare au passage de Romorantin. Toute cette chevauchée se termine le 19 septembre à Poitiers où il remporte une victoire écrasante sur le Roi de France : 8000 soldats français sont tués, le roi de France Jean Le Bon est capturé. Il ne fut pas le seul prisonnier ramené en Angleterre, de nombreux Chevaliers berrichons eurent aussi une captivité difficile. Édouard III d’Angleterre exigera quatre millions d’écus d’or de rançon pour sa libération et des concessions de territoires.
Jusqu’au
traité de Brétigny (le
8 mai
1360), les Anglais occupent la garnison de Vierzon. Suite
à ce traité, le
roi de France récupère une partie des territoires du Berry perdus
mais doit abandonner le Poitou, la Saintonge, l’Aunis, le Périgord,
le Limousin, l’Angoumois, le Ponthieu, c’est-à-dire un tiers de la
France. Il faudra attendre ce traité pour que l’évacuation de
Vouzeron par les Anglais soit actée. Cependant certains historiens
mentionnent le maintien de la présence anglaise encore quelques
années. Depuis cette période, le village de Vouzeron n’a plus été
anglais.
Que reste-t-il de cette époque ?
Le chenil du Rallye de Vouzeron occupe le lieu dit « La motte » où se trouvait probablement le château. En 1693, un texte mentionne la présence sur cette motte d’une « maison seigneuriale » entourée de fossés et une basse cour. Une carte du XVIIIème siècle indique la présence de fossés autour de la Motte de Vouzeron. Aujourd’hui en regardant le chenil, il est relativement simple d’imaginer en observant les dénivelés et excavations du terrain, l’emplacement des constructions et l’entrée principale.
Carte indiquant les fossés circulaires autour de la Motte
L’historien
Gaspard Thaumas de la Thaumassiere (1631-1702) a indiqué dans un de
ses recueils : Que Guillemain Georges Damoiseau gît en l’église
de Vouzeron. Sur son tombeau on lit cette inscription « Cy gît
Guillemain Georges Damoiseau que les Anglais tuèrent en 1356 ».
Malheureusement suite à l’incendie de l’église en 1870, puis
surtout à cause des différentes restaurations et nouvelles
constructions de 1875, 1878 et 1882 aucune trace ne subsiste de son
tombeau.
Dans le cher de nombreux vestiges témoignent de cette Chevauchée. La trace la plus visible est à Bourges, où une croix « Croix Moult Joie » mentionne la résistance des habitants de Bourges face aux armées anglaises en 1356. Même si celle-ci est récente, durant des siècles de nombreuses croix se sont succèdées à cet emplacement pour marquer la victoire face à l’invasion anglaise.
L’histoire retiendra aussi qu’un des fils de Damoiseau, en étude à Orléans, échappa au massacre. Cet enfant, Jean Georges, devint conseiller et avocat général de Jean de France, duc de Berry et se qualifia, comme son père, seigneur de Vouzeron. Il permit, contre les Anglais, la reconquête du Poitou durant la guerre de cent ans bien avant l’entrée en scène de Jeanne d’Arc en 1429 et la victoire finale (1453). Quant à Édouard de Woodstock, malade, il va mourir en 1376 en Angleterre sans jamais avoir pu régner sur son royaume, son père ne décédant qu’un an après.
Le gisant d’Édouard de Woodstock à la cathédrale de Canterbury en Angleterre.
Article de Jean Lasson (Histoire & Traditions Vouzeron & Sologne). Remerciements à : Mme Beaudouin de l’École nationale des chartes (Documents), Mr Rossi (Illustrations).